samedi, janvier 06, 2007

Temps pis

Sombre est le souvenir,
Fatigué de s’être trop longtemps laissé entretenir,
Témoin sans nom d’une réalité dont la vie s’échappe,
Trop triste de sa propre existence ; appelé à mourir ? Il ne le sait.
Il s’effiloche, s’estompe et se dégrade. Trop vite.
Vieilli, il se couche dans l’humus du passé, et attend.
Dans cet oubli latent, il mûrit en même temps qu’il se perd.
Des visages oubliés s’y fondent,
Rappellent ce sens volé par l’aiguille ; les fiertés, les bêtises.
Et quand l’adulte revient à ses pensées d’enfant,
Redécouvre un souvenir malmené,
Une larme perle à ses yeux rêveurs
Et donne la vie à l’humus du passé.